Méthodologie
Comment Arqon note et valorise une société
Chaque société sur Arqon porte deux chiffres : un score global sur 100, qui mesure l’entreprise, et une note de valorisation de A à F, qui mesure le prix. Les deux sont calculés par des règles fixes, écrites à l’avance et appliquées à l’identique à toutes les sociétés. Cette page les expose en entier : les critères, les seuils, les poids, les données, et ce que ces chiffres ne peuvent pas dire.
Deux chiffres, deux questions
- Le score global répond à : est-ce une bonne entreprise ? Il ne lit que les états financiers. Le cours de bourse n’y joue aucun rôle.
- La note de valorisation répond à : le prix est-il en dessous ou au-dessus de ce que l’entreprise justifie ? Elle est calculée à part et jamais mélangée au score.
Les deux sont indépendants à dessein. Une société peut obtenir 90 et la note F — une excellente entreprise à un prix exigeant — ou 35 et la note A, ce qui est plus souvent un avertissement qu’une aubaine.
Le score global : quatre piliers de 25 points
Le score est la somme de quatre piliers notés chacun sur 25. Chaque critère rapporte des points par paliers : le premier seuil franchi fixe le nombre de points.
Profitabilité (25 points)
Ce que l’entreprise gagne sur ses ventes et sur le capital qu’elle emploie. Dernier exercice annuel.
| Critère | 5 pts | 4 pts | 3 pts | 2 pts | 1 pt |
|---|---|---|---|---|---|
| Rentabilité des capitaux propres (ROE) | > 20 % | > 15 % | > 10 % | > 5 % | > 0 % |
| Rentabilité du capital investi (ROIC) | > 15 % | > 10 % | > 7 % | > 3 % | > 0 % |
| Marge nette | > 20 % | > 15 % | > 10 % | > 5 % | > 0 % |
| Marge de free cash flow | > 15 % | > 10 % | > 5 % | > 2 % | > 0 % |
| Marge brute | > 60 % | > 40 % | > 25 % | > 15 % | > 5 % |
Sous le dernier seuil, le critère vaut 0.
Croissance (25 points)
Taux de croissance annuels entre le plus ancien et le plus récent des cinq derniers exercices annuels, soit quatre ans d’écart.
| Critère | 5 pts | 4 pts | 3 pts | 2 pts | 1 pt |
|---|---|---|---|---|---|
| Croissance du bénéfice par action | > 30 % | > 20 % | > 10 % | > 5 % | > 2 % |
| Croissance du chiffre d’affaires | > 30 % | > 20 % | > 10 % | > 5 % | > 2 % |
| Croissance du free cash flow | > 30 % | > 20 % | > 10 % | > 5 % | > 2 % |
Effet de levier opérationnel, 10 points : quand bénéfices et chiffre d’affaires progressent tous deux, 10 points si les bénéfices croissent de plus de 5 points par an plus vite que le chiffre d’affaires, 8 s’ils croissent plus vite, 6 s’ils ne sont pas plus de 3 points en retrait, 4 s’ils ne le sont pas de plus de 10 points, 2 sinon. Si un seul des deux progresse : 2 points. Si aucun : 0.
Un taux de croissance n’est pas défini quand l’une des deux bornes est négative (une perte, un free cash flow négatif). Le critère sort alors du barème, comme expliqué plus bas.
Santé financière (25 points)
La capacité du bilan à traverser une mauvaise année. Dernier exercice annuel.
| Critère | 5 pts | 4 pts | 3 pts | 2 pts | 1 pt |
|---|---|---|---|---|---|
| Dette sur capitaux propres | < 0,3 | < 0,6 | < 1,0 | < 2,0 | < 3,0 |
| Ratio de liquidité générale | > 2,0 | > 1,5 | > 1,2 | > 1,0 | > 0,8 |
| Couverture des intérêts | > 10× | > 5× | > 2,5× | > 1,5× | > 1,0× |
| Trésorerie sur dette | > 0,3 | > 0,2 | > 0,1 | > 0,05 | > 0,01 |
| Dette sur EBITDA | < 2× | < 3× | < 4× | < 5× | < 7× |
Une société sans dette obtient 5 en trésorerie sur dette et en dette sur EBITDA ; sans charge d’intérêts, 5 en couverture. Des capitaux propres négatifs valent 0 en dette sur capitaux propres, et une dette avec un EBITDA négatif vaut 0 en dette sur EBITDA.
Qualité (25 points)
Si les résultats publiés se transforment en trésorerie, et si l’actionnaire garde sa part de l’entreprise.
| Critère | 5 pts | 4 pts | 3 pts | 2 pts | 1 pt |
|---|---|---|---|---|---|
| Score de Piotroski (0 à 9) | ≥ 8 | ≥ 7 | ≥ 5 | ≥ 3 | ≥ 1 |
| Flux de trésorerie d’exploitation ÷ résultat net | > 1,3 | > 1,0 | > 0,8 | > 0,5 | — |
| Évolution du nombre d’actions sur la période | baisse > 5 % | baisse | hausse < 5 % | hausse < 10 % | — |
| Années de free cash flow positif, sur cinq | 5 | 4 | 3 | 2 | — |
| Évolution de la marge de free cash flow sur deux ans | > +3 pts | > +1 pt | > −1 pt | > −3 pts | sinon |
Le rapport trésorerie sur résultat n’est mesuré que si le résultat net est positif. Là où la case indique « — », tout ce qui est sous le seuil précédent vaut 0.
Quand un chiffre n’est pas mesurable
Un ratio non défini — une croissance qui traverse une perte, un rapport trésorerie sur résultat quand le résultat est négatif — ne vaut pas 0. Le critère sort du barème et le pilier est recalculé sur les critères mesurables : un chiffre absent n’est pas lu comme un mauvais chiffre.
La note de valorisation : six modèles, un score
Aucun modèle de valorisation n’est fiable seul : Arqon en fait tourner six et les pondère. Chaque modèle produit une valeur par action, comparée au cours du moment.
| Modèle | Poids | Ce qu’il compare |
|---|---|---|
| Flux de trésorerie actualisés (DCF) | 35 % | Le chiffre d’affaires suit le consensus des analystes ; les marges, les investissements, le taux d’impôt et le besoin en fonds de roulement propres à la société le transforment en free cash flow, actualisé à 10 % par an. La valeur terminale fait la moyenne d’une croissance perpétuelle de 2,5 % et d’un multiple de sortie EV/EBITDA (entre 5× et 30×). |
| Projection des bénéfices et du free cash flow | 20 % | Le bénéfice estimé par les analystes pour l’année la plus lointaine disponible, valorisé au P/E historique médian de la société, avec le free cash flow valorisé à son P/FCF médian — les deux multiples plafonnés à 30 — puis ramenés à aujourd’hui à 10 % par an. |
| P/E face à son propre historique | 15 % | Le P/E du jour face à sa médiane historique. |
| P/FCF face à son propre historique | 15 % | Le rapport cours sur free cash flow du jour face à sa médiane. |
| P/B face à son propre historique | 10 % | Le rapport cours sur actif net du jour face à sa médiane. |
| EV/EBITDA face à son secteur | 5 % | Le multiple du jour face à une référence sectorielle, de 7,5× pour l’énergie à 18× pour la technologie. Non utilisé pour les banques et l’immobilier. |
L’écart entre valeur et prix de chaque modèle devient un score de 0 à 100 le long d’une courbe continue : 50 quand le cours égale la valeur du modèle, environ 65 pour 10 % de potentiel, environ 80 pour 23 %, et symétriquement sous 50 quand le cours est plus haut. Les six scores sont moyennés avec les poids ci-dessus ; quand un modèle ne peut pas tourner, son poids se répartit sur les autres.
| Note | Score de valorisation | En ordre de grandeur, pour un modèle seul |
|---|---|---|
| A | 80 – 100 | un potentiel d’environ 23 % ou plus |
| B | 65 – 79 | un potentiel d’environ 10 % à 23 % |
| C | 50 – 64 | de 0 à environ 10 % de potentiel |
| D | 35 – 49 | une valeur jusqu’à environ 10 % sous le cours |
| F | 0 – 34 | une valeur plus de 10 % environ sous le cours |
La colonne de droite est indicative : la note vient de la moyenne pondérée de six scores, pas d’un seul écart entre une valeur et le cours.
Quand il n’y a pas de note
Une société sans bénéfices positifs, sans historique de cours exploitable et sans projection de trésorerie positive ne peut être valorisée par aucun des six modèles. Elle n’a pas de note plutôt qu’une note devinée : une note absente est plus honnête qu’une note fausse.
À quel rythme les chiffres changent
- Cours : chaque jour ouvré, avant l’ouverture du marché américain.
- Notes de valorisation : recalculées chaque samedi, avec les cours du jour. Entre deux calculs, la note ne suit pas le cours.
- Scores globaux : recalculés quatre fois par an, après chaque saison de résultats — début mars, mi-mai, mi-août et mi-novembre.
Chaque chiffre d’une fiche porte la date de son calcul.
L’analyse par IA
L’analyse approfondie réservée aux membres est rédigée par des modèles de langage à partir des données financières de la société et de ses dépôts auprès de la SEC, l’autorité boursière américaine, dont les facteurs de risque de son rapport annuel. Elle explique les chiffres, elle ne les produit pas. Le score et la note ne viennent que des règles ci-dessus, et l’IA ne peut pas les modifier.
Sources des données
- États financiers, cours, multiples historiques et estimations des analystes : Financial Modeling Prep.
- Rapports annuels et facteurs de risque : SEC EDGAR.
- Couverture : grandes sociétés cotées aux États-Unis. Toutes les sociétés de la liste sont notées par les mêmes règles.
Ce que ces chiffres ne peuvent pas dire
- Ils regardent en arrière. Le score lit les derniers rapports annuels publiés. Une entreprise qui change vite est notée sur ce qu’elle était.
- Les mêmes règles pour tous les secteurs. Les seuils ne s’adaptent pas au métier : le bilan et la trésorerie d’une banque ne se lisent pas comme ceux d’un éditeur de logiciels, et ses notes sur ces critères en disent moins.
- Certains critères se comportent mal aux extrêmes. Une société aux bénéfices quasi nuls peut afficher un rapport trésorerie sur résultat très élevé, et une marge qui se redresse après une mauvaise année est bien notée sur sa tendance à deux ans.
- Une note n’est pas une prévision. Elle dit comment le prix se compare aux modèles aujourd’hui. Elle ne dit ni quand ni si le cours bougera.
Arqon est un outil de recherche, pas un conseiller en investissement. Les scores et les notes ne sont pas des recommandations d’achat ou de vente.